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Nous souhaitons vous faire partager la rflexion d'un champion Franais. Il s'agit d'un Off de Gilles Simon avec un journaliste du Parisien au sujet de l'application Soyez Pro dveloppe par Ronan Lafaix.

Interview (off) ralis par Lionel Chamy du Parisien pendant le tournoi de Rome en 2015 : En quoi cette appli est-elle vraiment intressante vos yeux ?

 

Gilles Simon :

Dans le discours commun, dans ce qu'on entend la tl ou dans ce que j'ai entendu au cours de ma formation, il y a beaucoup de thmes qui ne sont pas abords. Pire, certaines choses sont nies. Ce en quoi cette appli est intressante, c'est dj qu'elle aborde ces thmes et qu'en plus Ronan Lafaix essaie d'apporter des rponses.

Ronan explore des domaines dont on n'aime pas trop parler.

Dans le tennis masculin, c'est Les gars, faut pas avoir peur ! La balle de break, tu l'attaques ! .

Dans le tennis fminin, c'est ouais mais bon chez les filles, les motions, c'est encore autre chose... ce qui ne veut rien dire mais qu'on entend depuis toujours.

Moi, entendre a, c'est comme si on me disait qu'on ne voulait pas me rpondre ou qu'on ne savait pas quoi me rpondre. Bref, tu sens que personne n'a envie de mettre le nez l-dedans.

Les cinq thmes qu'il aborde sont prsents dans le jeu ?

Pour moi, ces thmes sont importants.

Pour Ronan, ils sont mme dterminants.

C'est un travail dans lequel j'ai l'impression de n'avoir pas t assez aid.

Du coup, j'ai d le faire tout seul, sur le tas.

Et on te disait que cela devait forcment s'apprendre comme a. Que tu savais faire ou pas faire et que cela dterminerait que tu sois fort ou pas, passer le cap ou pas. Mais jamais ce travail n'tait abord comme le physique, la technique ou tout autre compartiment du jeu.

On tait trs centr sur ce qui se passait sur le terrain, physiquement, tennistiquement.

Mentalement, le seul mot d'ordre, enfin le seul que j'ai peru, c'tait juste J'ai pas peur ! . Or, un moment, tu arrives sur un terrain et tu ralises que tu as peur.

J'ai beau me dire J'ai pas peur ! , j'ai peur.

Et putain, quand j'ai peur, qu'est-ce que je joue mal !

Alors effectivement, du fait de se retrouver en situation, tu progresses par toi-mme au bout d'un moment. Tu as peur et tu passes compltement ct, tu as un peu moins peur et tu te rates un peu moins, etc.

Je pense que tout cela se prpare et c'est le sens du travail de Ronan. Les peurs qui viennent sont normales et que si tu travailles dessus, elles viennent moins ou moins fort, on encore tu es plus mme de les grer.

Vous les avez testes?

J'en ai test deux, les plus importantes pour moi : le dtachement et la concentration. Parce que je pense justement que, en tant que joueur de tennis, quand tu te sens dans cet tat-l, appliqu et dtach, c'est l que tu es bon. Certains disent qu'ils sont dans la zone . Toujours est-il que tout te parat beaucoup plus facile : le bras passe, les jambes, parfois tu perds quand mme mais tu produis beaucoup moins d'efforts. Tu te sens bien, rien ne te surprend de la part de l'adversaire parce que tu te sens prt tout. Bref t'es dans un bon tat d'esprit. Etat d'esprit qu'on passe beaucoup de temps chercher et qui s'en va terriblement vite quand tu l'as enfin trouv.

Pouvez-vous donner des exemples que vous avez raliss dans ce domaine ?

Quand j'ai commenc travailler avec Jan, la premire chose qu'il m'a dite, c'est qu'il voulait que je joue bien en Grand Chelem et en Coupe Davis. Si tu n'y es pas arriv jusqu'ici, c'est que tu es trop tendu. Il faut que tu sois persuad que tu vas gagner en jouant de telle manire et pas autrement. C'est le cheminement que nous avons suivi. Je l'ai bien fait en Grand Chelem. Je reste sur quatre premiers tours gagns en trois sets, ce qui ne m'tait jamais arriv en dix ans. a m'a permis d'arriver au 3e tour ou en 1/8e 100% de mes capacits physiques pour affronter des Ferrer ou autres. C'est sans garantie de les battre mais, au moins, je ne perds pas parce que je me prsente dj cram.

C'a donc t un travail important et c'est pourquoi cette application me parle. Il ne s'agit pas de se dire un moment: Allez, j'y vais! Cette fois, je n'aurai pas peur...

La dmarche, c'est J'ai peur, je comprends pourquoi et j'arrive sur un terrain avec des cls avec telle et telle solution.

Et rester concentr sur ce que t'as faire. C'est un travail.

A la fin de notre premire anne de collaboration, Jan a pris un un les tournois que j'ai jous et il a not seulement l'attitude de chaque match d'un plus ou d'un moins, sans regarder le rsultat. Le - intervenait toujours au 1er ou 2e tour. (...)

Comment travaillez-vous ces thmes-l ?

Le seul moyen de bloquer la peur, c'est d'abord de l'accepter.

Au dbut, a te paralyse, puis un peu moins.

Ensuite, tu gagnes un match tout en ayant peur.

Au match suivant, tu mobilises ce souvenir,

etc.

Y a-t-il des protocoles automatiser l'entranement, de sorte d'en tirer bnfice dans un contexte de match tendu ?

Oui et c'est le sens gnral du travail de Ronan dans ses mthodes d'entranements. Il a pouss la recherche trs loin, en se concentrant sur la respiration, etc. Il a mis le doigt sur des choses que tu fais sans t'en rendre compte.

A un moment, il demande un garon: Est-ce que tu es capable de frapper une balle avec la mchoire dtendue ?

a parat con comme truc mais c'est hyper important.

Il y a des joueurs comme Roger, dont le visage ne bouge pas.

Rafa ou moi avons la bouche tordue, encore que j'ai progress. Certaines joueuses crient, alors que le visage d'Ivanovic ne bouge pas.

C'est hyper rvlateur du sentiment que tu as avant la frappe.

Y a des choses que je fais naturellement pour les avoir apprises seul. Moi, c'est sur le dtachement que j'ai d agir. A chaque fois que j'avais envie de bien faire, je perdais une partie de mes moyens.

On n'est pas tous gaux. Gal, lui, quand il a envie de jouer, il joue bien, sans forcer.

Moi, j'ai la particularit d'avoir plus peur au 1er tour qu'en finale.

Parce que j'ai gagn quatre matchs, que je sais que je joue bien, je ne suis pas inquiet. Au 1er tour, je ne sais pas.

Pour d'autres, c'est l'inverse.

Bref, on a tous appris se connatre mais on a tous perdu un peu de temps.

Le but, c'est que ds le plus jeune ge, ds que le tennis devient srieux, le joueur se pose dj ces questions. S'il a un problme, commence essayer de le rgler maintenant. Chacun a sa manire de fonctionner. S'il ne bosse pas dessus, le problme sera l 12 ans, 16 ans, 20 ans et 25 ans.

D'autres coles trangres ?

Je pense surtout que c'est un sujet dont trs peu de personnes ont envie de parler parce qu'il s'agit d'un sujet dterminant.

Je suis certain que des gens font des choses.

Je pense que quelques-uns ont les mmes motions mais qu'ils les grent beaucoup mieux. Ce qui me frappe quand je regarde les meilleurs, c'est qu'ils ont toujours la mme attitude quand ils entrent sur le terrain. Comme s'ils avaient trouv la meilleure manire d'tre et s'y tenaient.

David Ferrer sait comment doit tre le meilleur David Ferrer et il est comme a.

Nous, Gal, Jo, Richard ou moi, on fluctue vachement encore.

Moi, je fais un gros travail l-dessus.

Regardez Berdych, un mec qui tait vachement fluctuant aussi...

Une fois sur le terrain, il sait ce qu'il doit jouer.

Il gagne ou il perd mais il se concentre juste sur ce qu'il faire.

Je n'ai pas l'impression qu'il tergiverse trop, dans la tte. Finalement, la question que chaque joueur de tennis devrait se poser est la suivante.

En ce qui me concerne, c'est Quel est le meilleur Gilles Simon sur un terrain ?

Est-ce celui qui court ?

Celui qui attaque, prend la balle tt, mixe, etc ?

Une fois que tu l'as dfini, tous les jours, tu essayes de t'en rapprocher en agissant sur le dtachement, la concentration et le reste.

J'ai dit par le pass que 80% du boulot avait t fait mais pas les derniers 20%, ceux ayant trait ce qui se passe sur un terrain.

En dehors de bien frapper, bien courir, que se passe-t-il sur ce court ?

Quand je disais j'ai peur, je sens que je ne peux pas mettre ce coup droit, on m'a trop souvent rpondu: Viens, on va en faire 400, tu verras, tu ne rateras jamais....

Rponse qui, personnellement ne me satisfaisait pas.

Ce qui m'nervait par-dessus tout quand je posais des questions relatives au joueurs dans les 10 , c'est quand on me rpondait: On verra quand tu seras dans les 10 ... Quand j'tais 300e mondial, je me demandais pourquoi on me prparait physiquement jouer des Grands Chelems, sans attendre d'tre dans les 100 et qu'on me faisait cette rponse quand j'essayais d'aller plus loin. L'autre truc, c'tait ce discours gnral consistant se fliciter d'amener autant de joueurs franais dans les 100 ... Mais quand tu leur demandais pourquoi on n'avait pas gagn de Grand Chelem, la rponse tait immanquablement le champion, c'est pas nous, c'est en eux... Le champion, on ne peut pas le former, il le devient tout seul. Eh bien, moi, je pense exactement le contraire. Je pense que si en Espagne, il y a des n1 mondiaux, c'est parce qu'il y a eu des n1 mondiaux et qu'un discours se perptue, un peu comme les handballeurs chez nous. On gagne et a se transmet.

La fd, je lui dois tout. Mais justement parce que j'ai fait mon chemin, je dis que 80% de ce que j'ai fait tait super mais il m'a manqu a .

Faites-le, pas pour moi, mais pour les suivants.

Fates en sorte que a ne soit pas a aussi qui leur manque.

C'est pourquoi je trouve que Ronan en abordant ces thmes-l a au moins le mrite d'en parler.

On a des motions, il faut les grer. Il y a un travail faire, on va le faire.

Au mme titre que le physique, la technique.

Un grand merci Gilles.

 

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